/ Pollution domestique : Eau secours !

La Ville mène depuis plusieurs années une politique environnementale en faveur de la biodiversité et de la Nature en ville. Forte de ses labels « Ville Nature – 2 libellules », « Ville fleurie – trois fleurs », de sa charte Natura 2000 pour le Bois de Vaires, de la politique Zéro Phyto, de la mise en place de l’écopâturage, des réflexions menées autour de la gestion naturelle des cimetières, de la mise en place de la gestion différenciée au parc des Pêcheurs mais aussi des deux ruchers au Bois de Vaires et au Centre technique municipal, il n’en demeure pas moins que la Municipalité a également besoin des Vairoises et des Vairois pour mener à bien sa politique. Et ça passe par la prise de conscience des risques de pollution domestique de l’eau.
Mais qu’entendons-nous exactement par pollution de l’eau par les particuliers ? Ce sont ces eaux usées qui ne sont pas épurées et qui se jettent telles quelles dans l’environnement. Par exemple, dans une habitation, on distingue trois catégories d’eau à évacuer, dont les deux premières doivent être épurées. Il y a, tout d’abord, les eaux savonneuses de la cuisine, de la salle de bains et de la buanderie. Les tensioactifs et les phosphates, contenus dans les détergents, sont responsables de graves perturbations des écosystèmes aquatiques. Puis, les eaux des toilettes qui sont, quant à elles, responsables de la pollution organique. Et enfin, l’eau de pluie. Dans le cas d’une épuration individuelle, cette eau doit, en effet, être séparée des eaux usées afin de ne pas perturber le système d’épuration. En effet, les eaux usées seraient trop diluées et les variations de débit trop importantes.

150 litres d’eau potable par personne et par jour
Concrètement, il faut savoir que les jardins privés sont des sources de pollution de l’eau importante parce que, souvent, le jardinier amateur ne respecte pas les dosages indiqués sur les paquets de produits : herbicides et autres, parce qu’il reste souvent persuadé que plus il en met, plus c’est efficace. Ce qui est faux bien entendu. Il en va de même pour les engrais.
Saviez-vous, par ailleurs, qu’à la maison, on utilise plus de 150 litres d’eau potable par personne et par jour dont 30 à 40 % pour les toilettes. Mais la sauce à salade avec son huile dans l’évier peut polluer jusqu’à 1000 litres d’eau, l’huile formant un film étanche en surface comme le pétrole, en moins toxique, mais l’huile de friture versée dans les toilettes ou dans l’évier : c’est à éviter. Les lavages de voiture qui utilisent au moins 200 litres d’eau potable peuvent être pensés autrement. Il est possible de laver sa voiture moins souvent, ou/et on peut le faire avec 2 à 3 bidons d’eau (non) potable et un petit coup de jet ! Enfin, les produits de nettoyage non biodégradables à 100 % et les phosphates contenus dans les produits pour lave-vaisselle sont des facteurs de dystrophisation de l’eau.
Ce ne sont ici que quelques exemples, mais lorsque l’on sait que la pollution journalière de l’eau produite par une personne est évaluée à 70 à 90 g de matières en suspension, 60 à 70 g de matières organiques, 15 à 17 g de matières azotées, 4 g de phosphore et plusieurs milliards de germes pour 100 ml, nous nous devons de réfléchir à nos gestes quotidiens pour éviter les répercussions sur l’Homme lui-même, le milieu naturel, la faune et la flore. Vous venez de le comprendre : les eaux domestiques sont composées, en plus de l’eau, de déchets organiques, de graisse (eau de cuisine), de matière minérales (eau de salle de bains) et hydrocarbonées, azote, phosphore et potassium (eau usées des WC), ce qui polluent l’eau. La machine à laver quant à elle rejette dans les égouts la saleté du linge et de la lessive.

Changer nos habitudes
Face à cette pollution domestique de l’eau, il est nécessaire de changer certaines de nos habitudes, par exemple :
• Utiliser moins de produits chimiques, en préférant des produits naturels comme le savon noir, le vinaigre blanc….
• Ne plus jeter de produits toxiques ou inadéquats dans l’évier de la cuisine, de la salle de bain ou dans les toilettes ;
• Rapporter les médicaments périmés à la pharmacie pour ne pas les jeter dans les toilettes ;
• Diminuer son utilisation d’eau en préférant des douches au bain…
• Réutiliser l’eau de pluie : arrosage jardin…
Finalement, respecter l’eau : c’est moins la polluer, c’est mieux l’utiliser en ayant conscience qu’elle est en train de devenir la ressource la plus rare et la plus précieuse de la Terre. Car si 70 % de la surface de la planète est couverte d’océans, seulement 3 % de l’eau sur terre (hydrosphère) est douce.