/ Trois questions à Audrey Vernon

À quoi doivent s’attendre les Vairois qui viendront vous voir demain en spectacle ?
Audrey Vernon : À rire. J’espère les faire rire sur des choses qu’ils côtoient tous les jours. Ils vont assister au premier one-woman show économique ! À travers plein d’exemples, les spectateurs vont regarder leur quotidien un peu de façon différente. Même si je ne viens pas à Vaires pour donner des leçons, je veux juste parler des choses qui se cachent derrière les objets qu’on utilise au quotidien et tout cela avec beaucoup d’humour. Et je pense qu’en sortant du spectacle, les gens auront plus envie d’aller dans les commerces de quartier plutôt que dans les grandes enseignes. En tout cas, c’est ce qu’en général les spectateurs me disent. Ils tentent de voir la vie autrement que par le prisme des multinationales, de la grande consommation car sans s’en rendre compte, le temps qu’on leur consacre est énorme.

Vous avez créé ce spectacle il y a déjà 10 ans. Vous en êtes à combien de représentations et comment arrivez-vous à le faire évoluer ?
J’ai arrêté de compter à 500 représentations. C’était l’année dernière. Mais j’avoue que j’ai toujours beaucoup de plaisir à le jouer surtout qu’il n’a jamais été autant d’actualité. Il y a 10 ans lorsque j’ai écrit le spectacle, les milliardaires n’étaient pas encore considérés comme un problème, par le grand public en tout cas. Ils étaient 793 dans le monde et personne n’en parlait, les gens confondaient même avec les millionnaires. Alors que ça n’a rien à voir. Un millionnaire c’est un pauvre (Rires). À l’époque en 2009, c‘était le début des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et 30 % de la richesse mondiale appartenaient aux milliardaires, aujourd’hui, ils ont atteint la barre des 50 %. Selon le dernier rapport d’OXFAM, il est écrit que des richesses générées l’année dernière, 82 % ont profité aux 1 % les plus riches de la population mondiale, alors que les 3,7 milliards de personnes qui forment la moitié la plus pauvre de la planète n’en ont rien vu. C’est énorme et surtout ça engendre une surconsommation, une surproduction et par le fait même une catastrophe écologique. C’est vrai que l’écologie me tient particulièrement à cœur. Évidemment, j’aborde tous ces sujets sur le ton de l’humour et j’adapte le contenu en fonction de l’actualité.

Quels sont vos projets ?
AV : Je suis en écriture. Je prépare mon nouveau spectacle qui s’appellera Chair à canon. Ce sera l’histoire d’une femme enceinte qui va expliquer à son bébé le monde dans lequel il va naître. J’espère que ça va être très drôle, car j’ai envie d’expliquer et de comprendre tous les systèmes auxquels on appartient, que ce soit la démocratie, l’État, ... Quand un bébé naît, il arrive dans un monde très complexe, qu’on ne maîtrise pas forcément. Je fais des comparaisons avec les peuples autochtones qui sont dans une simplicité. Ils peuvent transmettre leur fonctionnement, leur culture, leur histoire de façon orale de génération en génération. Ils sont aussi auto-suffisants alors que nous, on est obligé d’aller à l’école pendant 15 ans pour essayer de survivre dans notre monde, ce qui n’est pas du tout le cas de ces populations. Certes, dans ce nouveau spectacle, je m’adresse à un bébé, mais au fond je m’adresse à moi-même et au public et je pose la question : « Qu’est-ce que c’est que cet énorme truc que nous avons inventé ? » J’aurai encore beaucoup de choses à dire (Rires).

/// Infos : 01 64 26 10 96 - Plein tarif : 15 € / Tarif réduit : 12 € - Billets en vente sur www.francebillet.com - Salle Les Variétés (72, rue de Chelles - 20 h
Crédit photo : R. Ferrante