/ Trois questions à Georges Hornn

1/ Qu’est-ce qui vous inspire dans la photo ?
Je dirais que ce que j’aime dans la photo est sa capacité à restituer des impressions, des sensations, des atmosphères, des climats, quel que soit le sujet traité, un portrait ou un paysage. La photo, à mes yeux, doit être en mesure de confirmer cette fameuse formule « une image vaut 1000 mots ». Elle montre « tout d’un coup », de manière convaincante et séduisante sans bavardage superflu.
La photographie m’inspire car elle impose un double effort, celui de parfaire ma culture générale comme celui d’accepter la dictature des apprentissages techniques. L’on ne peut prétendre à l’art photographique si l’on ne s’intéresse pas aux arts plastiques, à la peinture et au dessin, en particulier. Ils enseignent les règles de la composition et du cadrage. La technique quant à elle constitue le passage obligé pour être libre et créatif. Car un fichier, c’est du brut ; et si l’on ne maitrise pas les logiciels de retouche, on ne saura jamais en extraire toutes les richesses recélées. Je n’aime pas la technique mais elle est incontournable.

2/ Comment travaillez-vous ?
Au plan du travail, je ne cède pas à la facilité du moteur dont est pourtant équipé mon appareil. Je proscris l’idée d’en faire une tonne pour espérer récupérer quelques grammes. Si l’on veut faire du portrait, par exemple, il faut avoir le respect des gens en n’appuyant sur le déclencheur qu’au moment idoine. La vertu en la matière est toujours payante car l’on obtient généralement le résultat escompté, dès la première prise de vue.
Enfin, tout travail photographique digne de ce nom impose de planifier sa démarche : documentation sur l’organisation et sur ses collaborateurs, connaissances des personnes à côtoyer et maîtrise du projet à servir. C’est parce que le terrain a bien été préparé que les gens du terrain vous respecteront au point de ne plus compter leurs efforts qui vous aideront précisément à aller vers les rencontres fortuites, l’inattendu, le hasard. Autant d’éléments qui sont le sel du travail photographique.

3/ En tant que photographe, vous avez un regard différent, pensez-vous que Vaires-sur-Marne pourrait se prêter, elle-aussi, à un tel projet de votre part ?
Si je répondais par la négative, ce serait à désespérer. Mais pour qu’une collaboration s’établisse, il faut avoir des projets. Par exemple, j’en conduis un actuellement avec l’UCPA à laquelle j’ai offert mes archives personnelles sur le site depuis plus de 35 ans. Mais dans le même temps, je fixe sur « la pellicule » tout ce qui s’élabore et se réalise dans la perspective des Jeux olympiques de 2024. Car il ne faudrait pas regretter, après 2024, de ne pas s’en être préoccupé.
Toute mon action est sous-tendue par une seule préoccupation : être socialement utile. Je ne vois donc pas pourquoi la ville ne pourrait pas en profiter. Mais ce n’est pas à moi de décider. À chacun ses responsabilités dans le cadre d’une dévolution des rôles bien équilibrée.