/ Trois questions à Vincent Robinot

Né en 1976, Vincent Robinot est photographe et réalisateur audiovisuel indépendant depuis 2002. S’il a grandi en Baie du Mont Saint-Michel, il quitte pourtant les plus grandes marées d’Europe pour s’intéresser à la tragique mer d’Aral, victime d’une marée qui ne cesse de baisser sous l’action de l’Homme entêté à cultiver intensivement le coton. De l’Aral, il part à la rencontre des nomades kirghizes et multiplie les supports de témoignage. Très vite, la caméra vient en renfort de l’appareil photo et un premier film voit le jour mettant à l’honneur les chevaux et les Hommes du Kirghizstan. À cheval mais aussi à pied, il mène d’autres aventures plus proches d’ici. La marche est un retour à l’essentiel aime-t-il rappeler ; un film sur la Corse et le GR20 effectué avec sa femme, illustrera son propos. Mais les voyages se font aussi de l’intérieur. Aujourd’hui il revient sur les pas de son enfance, en Baie du Mont Saint-Michel, avant de repartir pour un projet de film documentaire sur la mer d’Aral et sur l’Ouzbékistan et un projet de série documentaire sur la création d’un habitat participatif au coeur de sa ville, Rennes.

On dit que les réalisateurs de documentaires ne choisissent pas par hasard leurs thèmes, mais pour raconter des histoires. À travers votre film sur le mont Saint-Michel, que souhaitiez-vous raconter ?
il ne s’agit pas d’un film sur le Mont Saint Michel ! il s’agit de parler de l’immensité qui l’entoure (le Mont) à savoir, la Baie. Et à travers ce film sur la Baie, où le Mont sera présent en toile de fond, j’ai voulu raconter une histoire de coeur, une histoire intime ; celle entre un homme et son environnement. Je suis né et j’ai grandi en baie du Mont Saint-Michel. J’avais envie de raconter autrement cet endroit que tout le monde pense connaître... c’est une histoire écrite à la première personne, où j’invite le spectateur à découvrir les endroits de mon enfance, d’hier à aujourd’hui.

Quelles ont été les conditions de tournage ?
Très variées et étalées dans la durée. Cela fait 15 ans que je filme et photographie la Baie et son Mont. Faire un film dans un lieu que l’on connaît bien et que l’on aime, ça ne m’était jamais arrivé ! Beaucoup de plaisir et à chaque fois, l’énergie nécessaire pour affronter les aléas d’un tournage en extérieur entre terre et mer.

Pourquoi est-ce important pour vous de rencontrer le public après la projection ?
On prolonge tout simplement le plaisir d’une simple projection sur grand écran ! Le public a l’occasion de poser des questions sur ce qu’il vient de voir directement à son réalisateur et comme on ne peut pas tout dire en 80 minutes, c’est également l’occasion d’approfondir ou d’éclairer certaines thématiques. Je vois donc cela comme une chance pour le spectateur, comme une expérience humaine pour moi... et à chaque fois nouvelle et pleine de promesses.

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